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A l'époque contemporaine

 

A l’époque contemporaine

Quand les Français arrivent dans la région dans les années trente, ils apprécient encore suffisamment l’importance stratégique de Tazagourte pour en faire un poste militaire et administratif. La route et le pont datent des années cinquante.
Dans les années 1990, Zagora est devenue municipalité de plein titre en même temps que capitale de la nouvelle province qui porte son nom. Amezrou, qui dépendait jusque-là administrativement de Tamgroute, y fut alors incorporé.
Parmi les changements les plus importants de l’époque contemporaine, il faut citer d’abord l’impact de la sécurité : celle-ci a en effet permis aux familles de plus en plus à l’étroit dans les qsours de s’installer hors les murs, contribuant, ce faisant, à l’urbanisation de Zagora et à la modernisation de douar comme celui d’Amezrou.

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Qsar d'Amezrou (18e)

Autre changement d’importance : le départ des juifs. Si l’appellation répandue de « kasbah des juifs » à propos du qsar d’Amezrou tient du non-sens, il est bien vrai que des communautés juives ont été établies dans la région depuis les temps reculés et qu’à l’époque moderne, Amezrou en abritait une des plus importantes. Cinquante familles y étaient installées dans les années trente, et dans les années cinquante, les anciens témoignent qu’il y avait toujours au moins une vingtaine de familles. Quelques unes avaient acquis des jardins, mais la plupart vivaient d’artisanat (orfèvrerie, mais aussi fabrication de bâts ou selles, etc.) ou de commerce. Mais le qsar a fini par se vider totalement de sa population juive dans les années soixante.

Autre événement important encore, le transfert du souq d’Amezrou à Zagora,
en 1940. Les autorités imposèrent ce déplacement, pour ne pas avoir à subir elles-mêmes les conséquences fâcheuses des intempéries qui empêchaient de temps à autre de traverser l’oued, avant que le pont ne fût construit. Pendant les périodes de crue, il était de fait « absolument infranchissable », « roulant alors des eaux limoneuses et rougeâtres sur une largeur qui varie de 300 mètres à un kilomètre suivant la hauteur de ses berges », écrivait le lieutenant Georges Spillmann, en 1931. « Il n’est pas rare de voir un qsar, bâti trop près du lit de la rivière, emporté par ces crues qui durent souvent une semaine. »

Enfin, la création de l’école laïque publique fut évidemment un grand bouleversement apporté au mode de vie du douar. Sous l’impulsion décidée des officiers français en poste à Zagora, Amezrou et Zagora furent chacune dotée de leur nouvelle école où l’on enseignait l’arabe et le français, dès 1953.


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